Vue aérienne d’un pont étroit traversant une étendue d’eau agitée, avec une seule voiture circulant au centre. Des courants et remous marins turquoise entourent le pont, illustrant une infrastructure de transport exposée à des conditions hydriques dynamiques.

Donneesclimatiques.ca au service du transport

1 novembre 2021

Badge graphique en forme ovale aux couleurs violet et rose affichant le texte : « DONNÉESCLIMATIQUES.CA » et « Finaliste au concours des OCTAS 2021 ». Un pictogramme géométrique stylisé est visible à gauche du texte, évoquant le numérique et l’innovation.

Au cours des dernières semaines, nous vous avons présenté l’impact des changements climatiques sur trois secteurs – la santé, l’agriculture et le bâtiment – et avons démontré l’utilité de la portail Donneesclimatiques.ca.

Pour cette 4e et dernière capsule, notre regard porte sur le secteur du transport. Le transport pèse lourd dans la balance climatique. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur du transport ont crû de 27 % entre 2000 et 2018 (graphique 1). De plus, l’augmentation des émissions est accentuée par le nombre croissant de véhicules utilitaires légers (voitures, camionnettes, camions légers) qui émettent une plus grande quantité de GES.

Or le transport sera aussi affecté par les changements en cours. Quel sera l’impact des changements climatiques sur le transport, et comment les données climatiques peuvent-elles nous aider à mieux nous préparer?

Graphique à barres empilées intitulé « Émissions de GES du secteur des transports canadien, 2000‑2017 ». L’axe vertical indique les mégatonnes d’équivalent dioxyde de carbone, et l’axe horizontal les années de 2000 à 2017. Les barres sont réparties par catégories de transports : automobiles, véhicules utilitaires légers pour passagers, camions de marchandises, avions, trains et transport maritime pour passagers et pour marchandises, ainsi qu’une catégorie « autre ». Le graphique montre une tendance générale à la hausse des émissions sur la période observée.

Graphique 1. Émission des GES par type de transport (en mégatonnes) [1]

Tous types de transport affectés

Terrestre, ferroviaire, maritime ou aérien : tous les types de transport subiront les conséquences des changements climatiques.

Les chaleurs extrêmes, de plus en plus fréquentes, peuvent entraîner :

  • Un tassement (formation de fissure et autres anomalies affectant le trafic routier), ou un saignement (mouvement vers le haut causant une couche brillante et noire et un risque d’aquaplanage) de la chaussée;
  • Une déformation des chemins de fer qui dérouterait le train ou des étincelles qui déclencheraient des feux de forêt comme ce fut le cas dans l’Ouest canadien;
  • Une diminution de la densité d’air et de la poussée de l’avion, conduisant à des restrictions de charges (passagers, marchandises);
  • Des dommages aux ports et aux infrastructures côtières, avec le niveau de la mer qui s’élève et les ondes de tempête qui accentuent l’érosion.

Les précipitations plus élevées affectent, elles aussi, le transport routier, notamment les autoroutes. En Colombie-Britannique, les pluies abondantes causent de l’érosion en se déversant sur des routes qui n’ont pas été conçues pour absorber une telle quantité d’eau.

Autoroute partiellement inondée avec une accumulation d’eau sur les voies. Des sacs de sable et des barrières temporaires sont installés pour contenir la crue. Plusieurs véhicules et engins de chantier sont immobilisés sur la route, tandis qu’une petite embarcation rouge navigue dans l’eau au premier plan. Des arbres bordent l’autoroute, illustrant une situation d’urgence liée à une inondation touchant les infrastructures routières.

Crédit image : Reporterre, Le quotidien de l’écologie

Les ondes de tempête (storm surge) et les inondations à marée haute ont un effet sur le transport maritime, entraînant des changements progressifs du paysage dus à l’érosion et à la montée du niveau de la mer (Council of Canadian Academies, 2019). Quant aux aléas climatiques au sol, comme les inondations fréquentes, ceux-ci enfreignent l’accès au port et le transport des personnes et marchandises (Lemmen et al., 2016).

Vue aérienne d’un port industriel avec plusieurs navires amarrés le long de quais et de jetées. Des cargos et pétroliers sont visibles dans un bassin d’eau, entourés d’installations portuaires, de zones industrielles et de voies de circulation, illustrant des activités de transport maritime et de logistique.

Dans le Nord du Québec, la dégradation du pergélisol (sol gelé en permanence) et le tassement du sol qui en résulte, les modifications du couvert de glace de même que les changements du régime de tempêtes affectent également les infrastructures de transport (Ouranos, 2015 [2]).

Plus ces événements se produisent et s’intensifient, plus les dommages deviennent coûteux, jusqu’à rendre certaines infrastructures inutilisables (Ford et al., 2018). Qui plus est, « les 18 ports principaux du Canada, qui traitent plus de 400 milliards de dollars de marchandises annuellement, sont exposés aux risques créés par la hausse du niveau de la mer et par les événements météorologiques extrêmes » (ACPA, 2016; Lemmen et al., 2016).

Explorez la section Transport de Donneesclimatiques.ca (en anglais)

Le tableau ci-contre énumère d’autres événements climatiques qui ne feront que s’amplifier dans les prochaines années, selon les projections de Donneesclimatiques.ca.

Table 1. Dangers climatiques et impacts pour les infrastructures bâties du Canada



Tableau présentant les impacts des changements climatiques sur les infrastructures de transport terrestre. Trois colonnes structurent l’information : Type d’infrastructure, Danger climatique et Exemples d’impacts sur les infrastructures. Les dangers listés incluent la chaleur, la modification du régime des précipitations, les changements des températures saisonnières, les ondes de tempête et les vents forts. Les impacts mentionnés comprennent notamment le ramollissement et l’orniérage des chaussées, la dilatation des rails, l’augmentation des événements critiques comme les lavages, l’instabilité des sols, l’inondation ou l’endommagement des routes et des ponts, ainsi que le blocage des routes et voies ferrées par des débris ou de la neige.

Source : Rapport Renforcer la résilience climatique des infrastructures canadiennes, International Institute for Sustainable Development, 2021.

Un vent de changement

Face à cette nouvelle réalité, certaines provinces canadiennes ont pris les devants : Au Ministère du transport de la Colombie-Britannique, on s’attend à ce que les ingénieurs prennent en considération les projections climatiques dans leur conception d’autoroutes. Ces derniers appuient leur analyse sur le protocole PIEVC [3] et l’information climatique la plus à jour.

Même constat pour les ingénieurs travaillant sur le Metrolinx en Ontario, le plus grand réseau de transport au Canada qui sont sensibilisés au changement climatique: ils ont identifié des zones de chaleur extrême sur les lignes de métro et un risque accru de glace sur les plateformes de passagers étant donné l’augmentation des cycles gel-dégel.

Un sondage [4] mené auprès d’un groupe d’experts en transport routier (172 répondants) corrobore cette prise de conscience et révèle une forte demande pour les données climatiques fiables et précises. D’ailleurs, les données les plus prisées portent sur les précipitations moyennes en neige, les pluies et les températures moyennes (figure 2).



Graphique à barres intitulé « Please rate the importance of the following variables for the transportation module on Climdata.ca (n=135) ». Les barres comparent l’importance moyenne de différentes variables climatiques : précipitations totales (2,564), vent (2,336), neige (2,659), pluie (2,664), température (2,562), humidité (1,684), heures d’ensoleillement (1,614), couverture nuageuse (1,565), rayonnement solaire (1,459), glace de lac (1,439) et glace de mer (1,455). Les variables liées aux précipitations, à la neige, à la pluie et à la température obtiennent les scores les plus élevés.

Figure 2. Importance relative des variables climatiques selon les experts du transport

Infographie de donneesclimatiques.ca en forme de flèche verte en zigzag illustrant le passage des données climatiques historiques vers les données climatiques futures. À gauche, la section « Données historiques – exemples » mentionne les précipitations et la température quotidienne, accompagnées d’icônes de neige, de pluie et de thermomètre. À droite, la section « Données futures – exemples » présente les précipitations mensuelles et la température mensuelle, illustrées par des icônes de nuage de pluie, de calendrier et de thermomètre.

Donneesclimatiques.ca : une collaboration entre experts et chercheurs pancanadiens

Le module Transport de Donneesclimatiques.ca, maintenant accessible en ligne, donne aux experts en transport accès à un ensemble de données historiques fiables et pertinentes pour ce secteur, ainsi que des projections climatiques jusqu’à l’année 2100. L’objectif : les guider à la prise de décisions informées.

En anticipant plus précisément les impacts futurs des changements climatiques, les professionnels du transport et d’autres secteurs seront à même de prendre les meilleures décisions afin de diminuer les risques pour la population.

Souhaitez-vous intégrer les projections climatiques à vos activités industrielles? Faites de Donneesclimatiques.ca votre outil décisionnel. Contactez-nous!

 


[1] Source : Ressources naturelles Canada https://www.rncan.gc.ca/science-et-donnees/donnees-et-analyse/donnees-et-analyse-energetiques/faits-saillants-lenergie/energie-emissions-gaz-effet-serre-ges/20074?_ga=2.133811022.1521016126.1633635483-1266249593.1633635483
[2] Vers l’adaptation. Synthèse des connaissances sur les changements climatiques au Québec. Édition 2015. Montréal, Québec : Ouranos. 415 p. https://www.ouranos.ca/synthese-2015/
[3] Le Protocole analyse systématiquement l’information climatique historique et projette la nature, la sévérité et la probabilité d’événements climatiques futurs.
[4] Sondage administré par Ouranos entre le 10 décembre 2020 et le 4 janvier 2021 : 172 répondants (dont 137 anglophones et 35 francophones).
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